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Après les ruines

CRÉATION le 7 septembre 2018 au Théâtre de Liège (BEL)

Théâtre musical

DIFFUSION
- au Chudoscnick Surnergia d’Eupen (Belgique): le 14 septembre 2019
- au Festival Passages et la Cité-musicale de Metz  (Metz, France): le 27 ou 28 septembre 2019
- au Trier Theater (Trèves, Allemagne) : en septembre 2019
- à la KulturFabrik (Esch-sur-Alzette, Luxembourg) : le 27 novembre 2019
- au Théâtre Ici&Là (Mancieulles, France): automne 2019
- avec Scènes et Territoires en Lorraine (France)
- à l'Agora - nouveau lieu de la ville de Metz (France)

 

ÉQUIPE


ECRITURE ET MISE EN SCENE / Bertrand Sinapi

DRAMATURGIE / Amandine Truffy et Emmanuel Breton

JEU / Amandine Truffy, Katharina Bihler et Bryan Polach

VIOLONCELLE ET LOOPSTATION LIVE / André Mergenthaler

CAPTATION ET DISPOSITIF SONORE / Lionel Marchetti

TRAITEMENT ELECTROACOUSTIQUE ET CONTREBASSE  / Stefan Scheib

CREATION LUMIERES / Clement Bonnin

DISPOSITIF SCENIQUE ET REGIE  / Matthieu Pellerin

PRODUCTION, ADMINISTRATION / Inès Kaffel et Alexandre Vitale

NOTE D'INTENTION ARTISTIQUE


Dans le littré – définition de l’exil
1 - Expulsion hors de la patrie.
2 - Par extension, tout séjour hors du lieu où l'on voudrait être. 

La ville où nous sommes est pour nous un lieu d'exil. Vivre loin de vous est un exil pour moi.

Il existe dans notre monde, des endroits étranges, des endroits d’attentes. Entre deux gares. Entre deux terminaux d’aéroport. Entre deux frontières. Des endroits où l’on est arrêté dans sa course entre deux points. Où on ne fait qu’attendre, où l’on fait le point, où l’on abandonne des choses, des endroits où le futur n’existe plus vraiment. Où le passé même est en attente.

Il y a dans le fond de la terre des endroits semblables, des boyaux dans lesquels les spéléologues se lançant pour la première fois ne savent pas s’ils pourront en sortir. Des endroits de passage où on ne peut pas vraiment passer. Où la tête peut rester coincée. Des endroits de danger. Il y a entre l’Afrique et l’Europe de tels endroits. De pareils endroits de passage. Ces endroits où l’on attend pour savoir si on nous laissera passer.

Les témoignages affluent, abondent, se ressemblent… nous savons. Nous les avons déjà entendus ou nous choisissons de les ignorer, pour poursuivre nos vies. Qu’est-ce que tout ceci bouge en nous ? Et fait remonter de nos histoires ? Des parcours de nos familles ? Ou révèle-t-il de notre récit national, de celui de l’Europe ?

Par un effet de loupe, nos réponses à ces mouvements révèlent infiniment de notre identité profonde. Dans quel endroit vivons-nous aujourd’hui ? Qui sommes-nous ? Et surtout qui serons-nous ? Notre réponse est poétique, oui. Et notre réponse, aussi, se fait à travers les dimensions européennes de l’équipe artistique réunie ainsi que de la circulation de l’œuvre que nous allons créer ensemble, au sein du réseau européen Bérénice entre France, Belgique, Allemagne et Luxembourg.

Nous le faisons ensemble, pour ne pas tenir «les « exilés » d’un côté, et « nous » de l’autre. Un récit qui partira du « je » pour se construire un « nous ». Ceci révèle à chacun quelque chose de son histoire, de son sentiment intime de l’exil, de ses questions existentielles à lui. A partager avec le public. L’exil permet le récit d’une rencontre avec un nouveau monde que cet exil, justement, vient bouger.

La matière musicale et dramaturgique aura pour base les enregistrements réalisés en amont de sa création, permettant ainsi à la manière de Steve Reich une « mélodie du discours » où les voix seront comme les restes fantomatiques des gens que nous aurons rencontrés. Dans le même temps, les chants, les mélodies glanées auprès des réfugiés, migrants, émigrés de la première, deuxième ou troisième génération serviront de modèle, de motifs mélodiques à la composition orchestrale.

Dès 2016, c’est tout un important travail de collectes qui a démarré, autour des notions d’exil, de frontières – tant géographiques que mentales. Le tableau exemplaire des déchirements qui sont à l’œuvre dans les migrations d’aujourd’hui ou d’hier et dans celles qui s’annoncent comme inévitables pour demain, l’errance et le voyage, ce qui est mien, ce que je suis, celui qu’est l’autre sont les fondations de l’oeuvre que nous sommes en train d’inventer.

Nous mêlons les langues au plateau : les nôtres, le français, l’allemand, dialogueront avec les langues captées en amont du spectacle, aujourd’hui : l’arabe, l’afghan, les pachtoune, l’albanais, le soudanais… Cette partition concrète sera à considérer comme un alter ego avec lequel nous dialoguerons sur scène - un substrat venant rappeler la réalité des sources utilisées; un choc initial ; un appui sur lequel la narration viendra se poser; un dialogue qui est au centre de nos préoccupations, quand nous souhaitons faire converser le réel et la fiction, la grande histoire et le mythe, l’oeuvre et le public.

Nous souhaitons que la forme donnée à la mise en voix de ces paroles soit proche de la simplicité d’une lecture où le texte s’entend en liberté, où les émotions gagnent le public sans le truchement d’effets techniques ou scéniques, où les comédiens sont au premier plan. Ce seront la musique et les sons, langues et chansons recueillies qui créeront l’espace/temps.

CRÉDITS DE PRODUCTION


Une production de la compagnie Pardès rimonim,

En coproduction avec le réseau européen Bérénice comprenant le Festival Passages de Metz, la Cité musicale de Metz (Fr), le Théâtre de Liège (Bel), le Trier Theater (De) et l’association Chudoscnick Surnergia d’Eupen (Bel), avec le Théâtre Ici&Là de Mancieulles (Fr), la KulturFabrik d’Esch-sur-Alzette (Lux) et Scènes et Territoires en Lorraine (Fr). 

En Soutien avec l’Agora/Ville De Metz, l’AMLI.